Sur la falaise du Mont Cameroun nous nous sommes assis et nous avons pleuré

Sur la falaise du mont Cameroun nous nous sommes assis et nous avons pleuré, en nous souvenant de notre beau pays, de nos familles, de nos amis, des rêves abandonnés et de l’éducation brisée. 

Nous étions sept, tous assis devant notre passé ou devrons nous dire derrière nos rêves. Quand d’une voie sanglotante, une femme appela lun d’entre nous: “Kheops, my son please come back, why did you leave so early ? Why is it you that they decided to kill? Why is this happening to me?”

Tant de questions qui n’auront jamais de réponses. Et oui, son fils bien aimé venait de perdre la vie tout comme nous les six autres victimes de ce massacre. Baby sa petite sœur répondu de manière craintive : « Nous ne pouvons pas revenir car nous ne sommes plus du monde des vivants »

C’est en vain qu’elle prononça cette phrase car depuis ce matin du 24 octobre nos corps étaient couverts de notre sang, des larmes versées par nos parents, nos frères, nos amis et des inconnus qui ne pouvaient pas accepter ce qui venait de se passer.

Sur nos corps étaient enroulées nos tenues de classe et on pouvait voir nos cahiers et livres que les parents avaient eu du mal à acheter. Oui, nous étions étalés au sol, craies a la main, tués par un groupe armé à Kumba notre terre natale.

C’est sous un vent sourd qui s’apaisait sur la falaise qu’une conversation s’amorça entre Rhode et Alexia.

Rhode : Je suis un enfant, pourquoi suis-je parti si tôt ? Laissant tous mes rêves et n’ayant réalisé aucun. 

Alexia : Ce qui nous est arrivé était sans doute notre destin.

– Quand j’étais plus petit, je savais que l’on nait puis on se réjouit de l’enfance, on profite de tous les bon moments que l’on passe auprès des parents et des amis ; Je sais également que l’enfance marque l’état d’une vie heureuse, de l’honnêteté, de l’amour sincère et des rêves fous et plus encore de la recherche de la connaissance.

– Je suis du même avis que toi, dans mon livre d’Education à la Citoyenneté, là il était écrit le matin lors de mon apprentissage: « Les enfants ont des droits qui sont : le droit à la vie, le principe de non-discrimination, le droit à la dignité, le droit à l’éducation, »

– Justement, dans le but d’être éduqués, de découvrir le monde, d’apprendre les sciences afin de réaliser nos rêves, nous avons perdu la vie !

– Tu ne dois pas être ci attristé Rhode, renchérit Alexia. Grâce à ce qui nous est arrivé, Des cœurs seront touchés, des associations, des pays et le monde entier ; Tous verront à quel point la vie est si fragile, qu’il faut si peu pour quitter ce monde. Le monde comprendra également à quel point l’éducation est importante car des hommes instruits ne lèveront jamais la main sur des enfants qui sont à la quête du savoir. C’est dans une atmosphère sinistre que se termina la conversation.

Halisse, la plus petite de nous, demanda qu’on arrête de pleurer afin de terminer notre voyage pour être près de notre Créateur.

 C’est à ce moment que je me rappelai de la phrase que je disais tout le temps à mon père : « Dad, I want to be a great airplane designer » et il reprenait: « Chrysty, my daughter, dreams big but also studies a lot. By the education you will be very close to your destiny ». Car enfant unique, orpheline de mère, je voulais montrer a tout le monde entier qu’une fille venant d’une famille pauvre comme la mienne, ayant des rêves plus grands que le ciel peut devenir  un grand ingénieur en aéronautique grâce à l’éducation administrée à la maison et bonifiée à l’école.

C’est avec une grande joie qu’on rejoignit le sommet du mont. En espérant qu’après notre départ le monde connaitra le meilleur et notre cher beau pays le Cameroun.

Une pensée pour tous mes frères de Kumba, du Sud-Ouest, du Cameroun, de l’Afrique et du monde:

A chaque enfant, un rêve fou ! 

Pour la Journée de l’enfance, pour tous les enfants qui ont peur de rêver grand, pour leur éducation, leur avenir…

En hommage aux enfants tués le 24 Octobre à Kumba dans leur salle de classe…

Arthur César Njitchou, 17 ans, étudiant en Mathématiques en première année de Licence à l’Université de Yaoundé 1. Parrainé par Fotso Fonkam, contact: 699 70 30 78.

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