« Tsunami » d’août 2017 : présentation des chiffres et des statistiques

En aout 2017, l’ancien ministre des enseignements secondaires Jean Ernest Ngalle Bibehe a procédé à ce que les enseignants ont appelé le tsunami : des mutations massives qui ont déplacé 3.698 fonctionnaires du ministère des enseignements secondaires (Minesec) dans les 10 régions, avec près de la moitié provenant de la seule région du centre. En nous basant sur l’arrêté signé par le ministre le 22 août 2017, nous avons procédé à une étude détaillée de cette opération, dont nous vous livrons les chiffres dans cet article.

Décompte par région

Sur les 3.698 enseignants mutés au début de cette année scolaire, 42.94 % sont de la région du Centre, soit 1.588 enseignants. La répartition dans les autres régions est la suivante : 68 pour l’Adamaoua (1,84 %), 125 pour l’Est (3,38 %), 192 pour l’Extrême-nord (5,19 %), 352 pour le Littoral (9,52 %), 215 pour le Nord (5,81 %), 404 pour le Nord-ouest (10,92 %), 484 pour l’Ouest (13,09 %), 145 pour le Sud (3,92%), et 125 pour le Sud-ouest (3,38 %).

Nous avons également compté le nombre d’enseignants qui ont été mutés dans la même région, et les résultats sont les suivants :

Pour l’Adamaoua, 27 sur 68, soit 39.71% ; pour le Centre, 1.320 sur 1.588, soit 83,12% ; pour l’Est, 72 sur 125, soit 57,6% ; pour l’Extrême-nord, 90 sur 192, soit 46,88% ; pour le Littoral, 192 sur 352, soit 54,55% ; pour le Nord, 135 sur 215, soit 62,79% ; pour le Nord-ouest, 298 sur 404, soit 73,76% ; pour l’Ouest, 383 sur 484, soit 79,13% ; pour le Sud, 94 sur 145, soit 64,83% et enfin pour le Sud-ouest, 33 sur 125, soit 26,40%.

De façon globale, 2.644 enseignants sur 3.698 ont été mutés dans la même région, soit un pourcentage global de 70,50%.

Le cas de Yaoundé

À l’issue de notre décompte, nous nous sommes particulièrement intéressés à la ville de Yaoundé non seulement parce que la région du Centre a été la plus touchée par ce « tsunami », mais aussi et surtout parce que selon les chiffres avancés par le ministère, la ville de Yaoundé a un excédent de 3.000 enseignants.

Les résultats du décompte ont montré que la grande majorité des enseignants mutés de la région du Centre partaient de la ville de Yaoundé. En effet, sur les 1.588 enseignants qui ont été mutés dans la région du centre, 844 partaient de la ville de Yaoundé soit 53.15%. Parmi ces 844, 786 soit 93.13% sont restés dans la même région contre seulement 58 redistribués dans les 9 autres.

Notons cependant que 202 enseignants de la région du Centre ont été mutés dans la ville de Yaoundé, ce qui fait une différence de 642 enseignants effectivement mutés hors de la ville de Yaoundé, soit un pourcentage de 40.43% d’enseignants mutés hors de Yaoundé.

Désengorgement ?

De façon générale, les enseignants mutés ont été maintenus dans la même région. Cela force à s’interroger sur l’utilité de muter autant d’enseignants en même temps, surtout que ces mutations ont été publiées seulement quelques jours avant la rentrée scolaire, ce qui allait certainement perturber le début effectif des cours vu que le transport des enseignants mutés reste à leur charge. La ville de Yaoundé a cependant subi un lifting que nous espérons salutaire, même s’il est loin de désengorger la ville qui, rappelons-le avait à elle seule 3.000 enseignants en trop. En revanche, le fait de muter la quasi-totalité des enseignants mutés de la ville de Yaoundé dans la région du centre n’a pas vraiment aidé à réduire le déficit des autres régions qui pour certaines, ont jusqu’à 2.000 enseignants en moins.

Nous mettons à votre disposition les données telles que nous les avons traitées pour rédiger cet article :

Photo d’illustration : cameroun-online.com

4 Commentaires

  1. Très bon job mon cher. Je vous suggére decouter l’intervention du ministre Ngalle lors de son passage devant le sénat expliquant le phénomène de disparité du corps enseignant dans les régions. Il evoquait, si j’ai souvenance, des statistiques qui pouvaient aider à mieux comprendre.

    • Merci. Nous n’avons pas pu écouter l’intervention du Ministre Ngalle Bibehe devant le sénat. Si vous avez un lien vers un article ou bien une vidéo qui en parle en détail, merci de nous l’envoyer

  2. Kouaassi Gilbert.

    J ai fait toute ma carrière, soit 34 ans de service à l extrême nord et adamzoua. Et meme si je suis de l ouest. Je trouve injuste de bouger un enseignant de YDE et qui y a séjourné 20 ans pour l adamaoua.. Car c est contre-productif.

    • Nous pensons qu’il suffit que les conditions soient réunies (notamment le payement des frais de déplacement) pour que les mutations ne soient plus un gros problème. Bien sur, les conditions de vie dans le lieu d’affectation comptent également, et l’État devrait également œuvrer dans le développement des zones enclavées.

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